Chapitre V Comment Coquebin et Nistha retrouvèrent Ingénua en Corée du Nord

    En descendant de l’avion, Coquebin et Nistha furent témoins d’un paysage tel que l’on en voit rarement: un délabrement des plus gris. D’immenses entrepôts faits de briques s’étendaient à perte de vue, leur fumée d’une opacité remarquable montant plus haut qu’aucune autre. Rien n’était si uni, si ordonné et si fascinants que les monceaux d’êtres humains,vieillards et enfants, affalés sur le sol, gémissants à l’unisson des plaintes incompréhensibles. Coquebin et Nistha marchèrent à travers ces rues, et furent éblouis par la grandeur et la beauté, la couleur et la gaîté des grandes affiches sur lesquelles se peignait le visage bienveillant du dirigeant du pays, Kim-Pyang X. « Regarde la bonté de ce dirigeant, qui cherche à donner le sourire à ses sujets avec ces affiches. Tout est pour le mieux dans ce pays, mon cher Nistha. » dit Coquebin. Certaines personnes particulièrement ferventes étaient allongées face contre terre, prosternées en face de ces affiches. Après quelques minutes de marche, Coquebin et Nistha arrivèrent devant un immense palais, dont la beauté, dépaysante en ces lieux, égalait celle de la demeure syrakienne de Coquebin. Les vitraux étaient d’une brillance sans égale, les murs d’une blancheur incomparable, les buissons d’une forme surprenante, le portail d’un métal éclatant, et la poignée de porte était lustrée à la perfection. « Nous voilà donc devant le palais ! s’exclama Coquebin, C’est dans ce lieu splendide que je dois retrouver ma bien aimée, car c’est l’endroit le plus propre du pays.» Ainsi, ils entrèrent dans le palais. Lorsqu’ils annoncèrent leurs origines syrakiennes, ils furent accueillis en grande pompe par Kim-Pyang-X lui-même,qui leur proposa une visite du palais. On leur présenta la salle de réception, où de très grands conflits politiques avaient été réglés à l’aide de l’argent ; la salle d’interrogatoire, où toutes sortes d’instruments en fers éveillèrent la curiosité de Coquebin et Nistha ; les chambres des hôtes où l’on recevait les journalistes, et où d’étranges gémissements pouvaient être entendus ; et enfin les cuisines, où la recette du « Poisonus Enemipoliticus » fut inventée. La tête du pays, fier des richesses de son état, proposa une visite de la capitale, et plus particulièrement de la base militaire, aux deux étrangers, qui acceptèrent par peur de vexer le dirigeant.

    Après avoir traversé un charmant village fantôme et dévasté, Coquebin et Nistha aperçurent, au loin, de magnifiques grillages haut de 5 mètres sur lesquels il était écrit : «높은 전압 », « haute tension ». Arrivés à ces grillages et après avoir passé le premier barrage contrôlé, Coquebin frissonnait en voyant les bunkers au loin sur la colline. Avant d’arriver à la base de l’armée terrestre, Kim-Pyang-X souhaita montrer à ses invités son aéroport militaire. Ce dernier était plein d’avions plus meurtriers et rapides les uns que les autres, dont 5 ou 6 avions américains et leurs pilotes sans vie, ne manqua pas de remarquer Nistha, ébloui par la puissance du dictateur Coréen, capable de détourner des avions furtifs américains en restant assis dans son Palais. Il voulut en faire part à Coquebin mais celui-ci ne l’écouta pas tant il était subjugué par la beauté des voitures avec des hélices sur le toit capables de s’envoler à la verticale. Coquebin n’en revenait pas, ses yeux brillaient, tout était pour le mieux du monde, les mitrailleuses étaient si bien installées, les missiles si bien positionnés sous les ailes, « si seulement Damascios avait pu voir ça » pensa Coquebin. Après avoir passé sans encombre encore 29 barrages contrôlés, Kim-Pyang-X et ses invités arrivèrent enfin devant la porte blindée du « Château fort ». « En sortant d’ici, vous serez obligés de voir que je suis le dieu le plus puissant de l’univers » s’écria le dictateur. Coquebin voulut rétorquer mais les nombreux soldats autour de lui l’en dissuadèrent.

     La première pièce qu’ils visitèrent fut le laboratoire de création d’armes. Le dictateur nord Coréen leur fit l’éloge de ses 30 laborantins se relayant par groupe de quinze pour  travailler seulement douze heures par jour, impliquant le droit à un temps de repos considérable de  dix heures aux cachots. Il leur expliqua qu’ils étaient sans contestation les meilleurs mondiaux, car ils travaillent deux fois plus vite que n’importe quel autre scientifique surtout lorsqu’une arme était pointée sur eux. Après avoir visité le plus beau des laboratoires, Kim-Pyang-X, Coquebin et Nistha  passèrent à travers le plus long des couloirs jamais vu. Ce dernier faisait environ trois kilomètres de long et les murs étaient en fait une exposition d’armes. Il y en avait des dizaines de milliers, du petit couteau au GAU 19, en passant par les 9mm et les lance-roquettes, il y avait de tout, même des fusils d’assauts syrakiens. Au bout du couloir se trouvait la dernière porte blindée pour accéder au point culminant de la Corée du nord. De là, il y avait une vue superbe sur les bidonvilles Coréens, le beau palais du dictateur et surtout sur la zone démilitarisée –qui n’en porte que le nom- séparant la Corée du sud et la puissante Corée du nord, surveillée jour et nuit par une grande partie de la force armée nord coréenne. Après avoir passé la porte, Kim-Pyang-X voulut s’assurer que Coquebin et Nistha ne diraient rien de ce qu’ils allaient voir, aussi fit-il entrer une dizaine de journalistes ayant publié des articles qui n’avaient pas plu au dictateur, puis les fit fusillé du meilleur du monde. Les larmes de Coquebin et Nistha signifièrent à Kim-Pyang-X que le message était passé.« Maintenant que je vous fait confiance comme on peut faire confiance à des étrangers, je vais vous montrer mon tout dernier joujou, j’en suis très fier car il m’as tout de même coûté assez cher. Mais quand on aime, on ne compte pas ! » lança Kim-Pyang-X en soulevant un cache sur lequel il y avait un logo « biohazard ». Nistha frissonna, il était tout blanc. Le bouton fut pressé. Une fusée des plus fumantes décolla alors en laissant derrière elle une très belle traînée blanche, Coquebin ne la quitta pas des yeux jusqu’à son explosion sur un petit village d’insurgés. L’éblouissante émanation de lumière obligea Coquebin, Nistha et Kim-Pyang-X à fermer leurs yeux, et la mélodieuse déflagration qui se fit entendre les ébranla quelque peu. Quand ils rouvrirent les yeux, Coquebin et Nistha furent stupéfaits de ce qu’ils regardaient. En effet, ils n’avaient jamais vu un aussi haut et splendide champignon de feu ! Celui-ci était au moins haut de plusieurs mètres , flamboyant et imposant. « Quel sympathique personnage » pensa Coquebin, « il offre de si beaux feux d’artifices à ses opposants ! »« C’est maintenant l’heure de retourner au Palais Royal » dit le dictateur.

    Ils arrivèrent ainsi au palais. Kim-pyang-X, fier d’avoir montré tout ses amusements à Coquebin et Nistha, les convia à déguster quelques mets en sa compagnie. Il faut dire que contrairement à ses sujets, il était plutôt gourmand et bien portant. Coquebin, épuisé par toutes ces découvertes et ces émotions, accepta volontiers. A table, le dictateur demanda aux deux jeunes gens ce qu’ils pensaient de son royaume. Coquebin répondit que les trésors qu’il lui avait montrés l’avaient émerveillé. Jamais il n’avait vu un feu d’artifice aussi éclatant ! Il flatta Kim-pyang-X sur son équipement militaire, sa maison, sa politique et sur la manière dont il s’occupait de ses hôtes. Le dictateur semblait ravi et Coquebin lui expliqua que la beauté était faite pour être admirée et que c’était d’ailleurs la raison pour laquelle ils possédaient des yeux. Nistha, une fois rassasié demanda s’il pouvait avoir un peu de jus de raisin fermenté, comme celui qu’ils avaient pu consommer précédemment. C’est alors qu’une jeune femme arriva de nul part pour le servir. Coquebin la reconnue aussitôt. Il s’agissait d’Indgénua, sa bien-aimée qui travaillait comme servante dans ce beau palais. En revanche il ne comprit pas la raison pour laquelle elle était vêtue d’un kimono aussi court. Mais il ne put l’admirer davantage, car elle repartit aussitôt s’occuper de quelques tâches. Cependant le jeune homme s’exclama: “Quelle belle servante avez-vous !” avec un sourire qu’il ne put cacher. Il comprit à l’expression de Nistha qu’il aurait sans doute mieux fait de se taire. En effet, le dictateur s’écria que c’était sa servante et que personne ne devait la regarder de la sorte. Les deux jeunes hommes s’excusèrent immédiatement mais le dictateur ordonna qu’ils montent dans les chambres qui leur étaient attribuées et qu’ils y restent jusqu’au matin. Ils gravirent un escalier de marbre blancs si bien poli qu’il reflétait leurs visages apeurés. Cela les effraya quelque peu. Arrivés à l’étage, ils entrèrent dans leur chambre. Au moment de refermer la porte, Ingénua apparut. Elle entra précipitamment, ferma le verrou et leur fit signe de se taire. Elle leur expliqua alors qu’elle était le jouet du dictateur, que tout ce qu’on leur avait montré n’était qu’horreur, que les gens qui semblaient prier sous les affiches du dictateur, prosternés sur les trottoirs mouraient en fait de faim, et que le feu d’artifice qu’ils avaient tant aimé n’était autre qu’une arme nucléaire qui avait tué des milliers de personnes et détruit des villages. Elle dévoila toutes les horreurs de la dictature, et mentionna l’Europe, une région dépourvue de guerres et de dictatures. Coquebin, bouleversé par toutes ces révélations mais trop heureux d’avoir retrouvé son Ingénua, accepta aussitôt la proposition de départ de cette dernière. Comme tout était au mieux dans le meilleur des mondes, il se trouvait qu’un avion était justement présent juste en dessous de la fenêtre de leur chambre, et que Nistha possédait quelques notions d’aviation. Ce ne fut pas sans difficultés, mais Coquebin, Indgénua et Nistha réussirent tous trois à sauter de la fenêtre, à s’introduire dedans et à s’envoler loin de cet affreux pays.

(Chapitre écrit par Léa, Marine et Mathieu)

 

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