Chapitre III Comment Coquebin fut victime du fanatisme

Après la guerre qui avait ravagé les trois-quarts de la Syrakie, Coquebin avait fui vers le pays voisin où le conflit entre les états d’Israïne et Palestel faisait rage. C’est exténué et affamé qu’il arriva aux alentours d’un camp arborant la bannière Iraïnienne. Il était loin de se douter de ce qui allait suivre.

Coquebin se présenta poliment au gardien de la gigantesque porte du camp et celui-ci l’amena parler au chef de la faction. Après une brève entrevue qui porta sur les raisons de sa présence, on lui proposa de souper et de se laver. Coquebin ne comprit pas la réaction du soldat quand celui-ci fixa du regard son pendentif. En effet, il siffla et une horde de fanatiques afflua vers lui. Ceux-ci, très agités, s’entretenaient dans une langue étrangère à Coquebin. Il fut emmené en rythme par cette joyeuse cohorte dans une salle fort éclairée mais d’une grande fraîcheur. Malgré ses protestations, Coquebin fut tatoué d’une étoile sur le front. Certes, il trouvait le dessin fort bien fait, mais pas au point de vouloir l’arborer en permanence. Personne ne parut sensible à son argumentation. Un des chefs du camp parut bientôt et prononça un discours dithyrambique sur sa religion. Il convainquit de la nécessité de punir Coquebin pour le port ostensible du joli médaillon, qu’il avait d’ailleurs depuis sa naissance et dans lequel il ne voyait aucun mal. Il fut condamné à la pendaison par les cils. Lorsqu’il comprit le sort qui l’attendait, il s’évanouit. Ce malaise lui offrit un sursis et lorsqu’il reprit connaissance il se trouvait dans une pièce gardée par un unique soldat. Coquebin, à qui la peur donna des ailes, assomma son gardien et s’enfuit aussi vite qu’il put.

Il courut à en perdre haleine et traversa, sous de drôles de sifflements, la bande de Zaga au delà de laquelle il découvrit le camp adverse, en apparence très semblable au précédent, mais au-dessus duquel flottait un drapeau sur lequel il reconnut le symbole qu’il portait au cou. Il courut dans cette direction, brandissant ostensiblement son pendentif, heureux et souriant comme un bambin qui retrouve ses parents. Au moment de franchir le seuil, plusieurs sages barbus aux visages ahuris l’accueillirent et le firent aussitôt emmener par des gardes. Il fut invité à entrer dans une pièce étroite qui ressemblait à un de ces placards à balais où logeaient les serviteurs de son Palais. Il s’étonna de cette coutume étrange, et surtout, fut déçu de constater que son pendentif, pourtant assorti au motif des longues toges que portaient les hommes, n’eût pas suffi à être reçu avec un peu plus d’égards. Il se retrouva donc dans cette pièce qui, à vue d’œil ne devait pas faire plus de 20M2, la taille standard des chambres réservées au personnel d’entretien en Syrakie. Le mobilier était spartiate et d’un goût douteux. Il aperçut, recroquevillée dans un coin, une forme qui remuait, et lorsqu’il s’approcha il lui sembla que celle-ci se parlait à elle-même dans une langue qu’il reconnut aussitôt. C’était un Syrakien à n’en pas douter ! Il salua l’individu qui se retourna et quelle ne fut pas surprise de reconnaître son précepteur, le sage Damascios, dont le front était comme le sien tatoué de l’étoile sacrée. Après le récit que ce dernier lui fit, il comprit qu’ils se trouvaient tous les deux au cœur d’un conflit dont il était difficile de saisir le sens. En effet, ces hommes semblables à de nombreux égards se livraient manifestement une guerre absurde. Cela participait forcément au Bien général, mais il valait mieux ne pas trop s’attarder tout de même.

Ils décidèrent de mettre au point une stratégie pour s’échapper. Ils attendirent le moment opportun et trompèrent facilement la vigilance de leurs hôtes alors qu’ils étaient occupés à s’entraîner au tir contre des cibles représentant leurs adversaires.

Les deux compagnons d’infortune gagnèrent la ville la plus proche et atteignirent l’aéroport. Coquebin aperçut un avion sur lequel était dessiné un magnifique palais, aussi beau que celui qu’il chérissait dans sa Syrakie natale, et qui avait malheureusement volé en éclats. Submergé par l’émotion, il se faufila parmi les passagers sans même attendre son cher Damascios qui était en grande discussion avec un homme qui n’avait pas l’air commode. Coquebin s’envola, en contemplant, la larme à l’œil, la terre où il laissait son bon précepteur.

(Chapitre écrit par Amalia, Juliette, Yacine et Youri)

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