Chapitre VIII Comment Coquebin arriva en Eldorado et ce qu’il y apprit

Coquebin ouvrit les yeux sur une plage déserte. Il regarda autour de lui et aperçut Nishta étendu à quelques mètres de lui. La perte de Cunégonde l’assombrit et il se lamenta sur ses nouvelles mésaventures… Les préceptes de Damascios n’étaient peut-être pas les plus justes du monde, après tout. Éreintés, Coquebin et son compagnon gravirent la petite butte de sable qui leur faisait face et découvrirent alors un paysage totalement extraordinaire et improbable. Sur toute l’étendue de l’île, une gigantesque ville s’étendait, une ville telle qu’ils n’en avaient jamais vue.

De gigantesques gratte-ciels composés de matières inconnues s’élevaient bien au dessus des nuagesDes voitures, des vélos, et même des baignoires volantes tournoyaient dans le ciel azur, côtoyant d’imposants robots aussi grands qu’une maison construisant des complexes commerciaux.

Les hommes et les femmes étaient oisifs, la technologie subvenant à tous leurs besoins. Coquebin les observait avec stupeur. Certains somnolaient, d’autres jouaient, mangeaient ou encore dansaient. Toutes leurs actions semblaient orientées vers les loisirs et la notion de travail paraissait totalement inexistante. « Voilà une terre, se dit Coquebin, qui me paraît surpasser en bien ma Syrakie natale … » Partout la technologie remplaçait  l’action humaine, tout était automatisé, contrôlé. Un homme non loin d’eux claqua des doigts et se retrouva en maillot de bain dans une piscine, à 19 lieues de là. Les deux compagnons aperçurent en contrebas un homme qui leur parut fort simple, juché sur son vélo nucléaire au style très épuré et accompagné seulement de deux petits robots. Ils l’apostrophèrent. Leur langue lui semblant inconnue, l’autochtone pointa sur eux une étrange télécommande et immédiatement ils se comprirent. Il ordonna alors à son vélo devenu limousine  de les transporter tout trois jusqu’à sa demeure.

Celle-ci ne comportait que 12 étages, 15 ascenseurs et 36 robots domestiques mais tout en son agencement respirait le bon goût, la rendant fort plaisante. Leur hôte, très accueillant, prononça trois mots et ils se retrouvèrent assis très confortablement sur de divins canapés flottants à déguster un délicieux thé accompagné d’une ribambelle de petits gâteaux. Après quoi l’homme satisfit à leur curiosité en ces termes :

« – Je vous sens un peu perdu et je me dois de vous informer des coutumes et mœurs de notre pays. Nous sommes sur une île que nous nommons Utopia. Ici la technologie a bien quelques décennies d’avance sur le monde et nous nous en trouvons fort aise. Les moyens à notre disposition ont toujours pour but de servir l’espèce humaine. Pas de famines, pas de maladies, pas de guerres, tous les vices humains sont effacés par notre complet bonheur. Nous ne manquons de rien et n’éprouvons donc aucun besoin. Notre incroyable technologie est accessible à tous, ce qui nous rend tous égaux. »

Coquebin, que cette île intriguait de plus en plus, s’enquit du système politique en place :

 » – C’est très simple, répondit leur hôte, et notre président qui ne vit pas loin d’ici vous l’expliquerait bien mieux que moi. Que diriez-vous de le rencontrer ? » Les deux amis s’empressèrent d’acquiescer et, juchés chacun sur un rapide vélo volant, ils suivirent l’homme dans les rues de la ville.

La maison du président n’était ni imposante ni différente de celles qu’ils avaient observées auparavant. Pas de portail en fer, gardes du corps ou chiens féroces. « On entre ici comme dans un moulin, songea Coquebin ». Ils arrivèrent sur le palier, toquèrent. Un homme souriant ouvrit alors et, à leur grande surprise, les serra tout deux dans ses bras. Toujours jovial, il les invita à s’asseoir et daigna répondre à toutes leurs interrogations. Il leur expliqua qu’ici le président était l’égal du peuple et ne gouvernait que très peu, du fait de la technologie qui ne laissait à ce monde que très peu de problèmes à régler. Il s’occupait principalement de diriger la recherche, de coordonner les chercheurs et de s’assurer que toutes les inventions soient utilisées pour le bien du peuple. Il tenait en effet pour première priorité le bonheur de ses sujets et mettait tout en œuvre pour qu’ils accèdent tous également aux bienfaits de leur technologie en matière de santé, de loisirs et d’éducation. Coquebin et son valet trouvèrent tout cela fort bien fait, et s’appliquèrent alors à visiter cette ville magnifique. Ils y restèrent tout un mois. Malheureusement Coquebin n’arrivait pas à se sentir heureux et quelque chose en cette île parfaite le dérangeait.

« Vois-tu, disait-il à Nishta, je trouve en effet cette île mille fois supérieure en tout à mon château natal. Pourtant, je ne puis y rester plus longtemps sans Indgenua et je me dois d’aller la retrouver. De plus, le bonheur dans lequel ici tout le monde vit me paraît un peu trop simple. Il est donné, dès la naissance, et il ne faut rien faire pour y avoir droit. Pour moi, le bonheur se mérite et ce n’est qu’à la sueur de mon front que je gagnerai le mien. Voilà pourquoi il nous faut partir. »

Ce discours plut à Nishta, qui voulait encore parcourir le monde, et ils allèrent aussitôt demander congés à l’aimable Président :

 » – Je trouve cela fort dommage, leur répondit-il, car je pense qu’ici vous auriez pu finir votre vie sans plus de soucis, mais vous êtes libres de partir. Il n’est pas dans nos coutumes de retenir deux étrangers, si sympathiques soient-ils. »

Les deux amis le remercièrent chaleureusement pour son accueil et le complimentèrent encore sur son magnifique pays. N’ayant pas d’idée précise de destination et un avion pour de Paris étant sur le point de décoller, ils le prirent et s’envolèrent pour la France.

(Chapitre écrit par Radu et Robinson)

 

 

 

 

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