Chapitre IX Comment Coquebin découvrit l’esclavage domestique à Paris

La première journée de nos voyageurs fut assez agréable. Ils découvrirent toutes les beautés de Paris. Ils s’extasièrent devant la grandeur de la Tour Eiffel, s’émerveillèrent de Notre Dame et, en bonne mesure du Moulin Rouge. Après ces intéressantes visites, Coquebin et son valet Nishta allèrent se restaurer dans un des nombreux hotels restaurants de la capitale française. Ils n’avaient jamais fait aussi bonne chère, et furent enchantés d’être mieux servis que des rois. Coquebin laissa un pourboire de 50€ pour montrer sa satisfaction. Un serveur qui passait par là et voyant ce fait, se dit : «Hé hé, ce client sort un pourboire de 50€ sans hésiter, c’est qu’il doit être bien riche!». Il s’adressa alors à Coquebin: « Le repas vous a-t-il déplu ?

-Pas le moins du monde ! S’écria celui-ci.

-Ah bon ? Pourtant le maigre pourboire que vous laissez ici suggère un certain mécontentement.

-Ah, je croyais en avoir mis assez ! Alors voici 100€. Et remerciez donc le chef de ma part.»

En fin de soirée, Coquebin et Nishta retournèrent à leurs appartements et découvrirent la servante passant l’aspirateur. Ils remarquèrent l’hématome sur son bras. Intrigué, Coquebin l’interpella :

«Pourquoi votre bras est-il dans un tel état ?

– Oh, ce bleu ? Hier, comme d’habitude, il m’a battue…

– Qui ?

– L’homme qui m’a achetée à Haïti et m’a ramenée dans ce pays civilisé pour m’offrir une vie meilleure.

– Il vous a achetée ?

– Oui ! Ma mère, douée pour le commerce, a eu la brillante idée d’élever ses quinze enfants jusqu’à leur âge de maturité pour ensuite les vendre au marché pour deux poules chacun. Le voyage jusqu’en France se fit dans la cale d’un bateau et dura plusieurs semaines. Pour mon plus grand bonheur les rats avaient faim, aussi ils nous débarrassèrent des cadavres. Je fus très bien accueillie à Paris et rencontrai mon maître. Après quelques jours, pour me montrer son affection, il me caressa avec son bâton à plusieurs reprises. C’était parfois désagréable mais on s’y habitue. Ce matin, un pli de chemise me coûta ce bleu. Hier soir, j’ai eu le malheur de saler trop la soupe et je fus donc privée de repas. Excusez-moi maintenant, Monsieur, mais je ne peux pas vous parler plus longtemps, je dois encore nettoyer le plafond.

– Mais quel odieux traitement !

– Oh, vous savez, ce sont juste quelques exemples de ce que je vis au quotidien.

Coquebin, tout retourné par ce récit, savait qu’il narriverait pas à trouver le sommeil. Il sortit et erra dans les rues jusqu’à trouver un endroit qui lui semblait chaleureux et animé. Des chansons aux airs entraînants et aux paroles grivoises attirèrent son oreille. L’odeur forte de boissons inconnues réveilla son odorat. La vision d’hommes endormis sur de vieux journaux l’intriguait. Il entra. Il s’assit, accompagné de Nishta, à une table qu’il pensait libre, mais une voix provenant du banc d’en face l’interpella :

«Crois-tu au bonheur, toi qui as la mine si triste ?»

Son regard se posa sur l’être informe qui se trouvait devant lui. «Oui, je crois au bonheur.»

– Moi aussi, au bonheur en bouteille ! lui répondit l’homme. Serveuse ! Une autre bière et apportez en deux pour les gamins !»

L’homme s’appelait Balthazar. Ils parlèrent toute la nuit et refirent le monde. Coquebin, qui percevait jusque là tout en blanc, vit ses idées prendre une teinte grisâtre après de longues discussions avec Balthazar qui, lui, voyait tout en noir.

En se réveillant dans le bar, il eut une revelation : son devoir était d’aider, de quelque manière que ce soit la femme de ménage de l’hôtel restaurant. Il y retourna donc et demanda à la jeune haïtienne de quelle manière il pouvait lui venir en aide. Abasourdie par cette nouvelle, elle éclata en sanglots et lui confia une bague qui, selon elle, permettrait à sa mère de vivre jusqu’à la fin de ses jours. Il décida d’embarquer avec Nishta pour cette nouvelle aventure. Il proposa à son recent ami, Balthazar, de les accompagner. C’est ainsi qu’ils firent le voyage vers Haïti tous les trois.

(Chapitre écrit par Clémence; Erin, Léa et Pauline) 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s